Se hater avec lenteur
janvier 15, 2008 par francismeyer
C’est lors d’une discussion récente que j’ai eu l’occasion d’aborder le sujet de la vitesse, avec un jeune cadre, désireux de faire pour le mieux son travail d’inventaire pour la mise en place d’un projet important.
La discussion portait sur la structuration.
Nous avons souvent tendance à vouloir structurer, ranger, stocker, étiquetter, dès que des idées apparaissent lors d’un processus de démarrage, de création.
Sans entrer dans le détail, j’ai recommandé de ne rien structurer, de continuer à laisser venir les choses dans le désordre (apparent), et d’observer si un schéma directeur n’allait pas apparaître bientôt.
C’est en fait un schéma qui, lorsqu’il apparait, reflète bien notre manière d’aborder le projet, cette manière qui va nous convenir, car elle n’est pas déformée par une structuration qui peut nous être étrangère, imposée, présente par l’habitude.
C’est une démarche qu’on retrouve dans le processus de Mind Mapping, et où l’on voit très bien que les idées apparaissent de manière apparemment anarchique, avec des relations pas du tout standardisées.
L’humain fonctionne de cette façon, et la Vie également, c’est l’approche la plus efficace aurais je envie d’écrire.
Si il est bien sûr nécessaire ensuite de mettre une séquence (ce que nous avons coutume d’appeler … de l’ordre), c’est une étape qui n’est pas très importante dans le processus.
Dans la société où nous vivons, c’est la force qui prévaut, notamment en terme de puissance, et de vitesse.
La lenteur est condamnée, elle est caractéristique de handicap, ou de vieillesse. Prendre son temps rime avec insouciance et manque d’efficacité.
Pourtant prendre son temps dans un simple geste quotidien lui donne un poids qui en impose, qui rassérène.
Les artistes et les sportifs savent bien que c’est dans la détente la plus absolue que la concentration atteint son maximum.
Et que si il est difficile de faire des performances dans la vitesse, elles ne s’atteignent que si on les a travaillées dans la lenteur la plus aboutie, c’est là où réside au final la difficulté.
Il ne s’agit pas de s’endormir, mais d’être conscient, vigilant, à l’écoute … et de noter ce qui vient, avec lenteur et poids.
Essayez !
Francis Meyer 16/01